Creel et ses environs

Creel et ses environs constituent le cœur de notre trip dans la Barranca de Cobre. Entre authenticité culturelle et nature omniprésente, on a vraiment trouvé ce qu’on est venu chercher dans la région. Au programme, baignade dans les sources d’eau chaude de Recowata et tour en VTT dans le parc d’Arareko, en territoire tarahumara.

 

Creel

 

Prononcez « cril » comme en anglais en faisant rouler le « r » à l’espagnole.

Le village, traversé par la voie ferrée et entouré de pins et de rochers dressés en hauteur, a beaucoup de charme. Seulement 2 ou 3 rues principales se partagent abarrotes (épiceries), restos, hôtels et boutiques d’artisanat. L’ambiance y est paisible et les habitants très accueillants. Le petit zócalo était animé à notre passage du fait du festival Yamuri.

Dans la région, pas mal de chapeaux de cow-boys, d’hommes à cheval et de pick-up. Si le village de Creel en lui-même est agréable, c’est surtout les environs qui valent le détour. Source d’eau chaude, cascades, parc éco-touristique où vivent les Indiens tarahumaras… En résumé, un Mexique totalement différent des autres régions. Rien à voir avec les plages du Yucatan ou les pyramides du Chiapas. Le coin est authentique et possède des allures de far west entre ses paysages rocailleux et ses Indiens. C’est une des régions qui m’a le plus dépaysé et fasciné !

Où dormir : l’hôtel economico Doña Crusita, 250 à 250 pesos la double spacieuse et proprio sympa. Beaucoup d’hôtels sont dans cette gamme de prix.

 

Las aguas termales de Recowata

 

Aguas termales de recowata

Aguas termales de recowata

Les eaux thermales sont situées à 22km de Creel, dont une bonne partie de piste. On y accède en vélo ou en voiture.

Nous, on a trouvé une excursion avec l’hôtel Margarita pour 200 pesos (12€) AR/pers. Très cher pour le peu de route à faire. Le prix de l’expédition varie beaucoup en fonction du nombre de personnes. La location d’un vélo à la journée coûte 130 pesos chez The 3 Amigos donc ce n’est pas forcément une alternative économique. Il y a sûrement moins cher et beaucoup d’hôtels proposent ce genre de service pour à peu près tout ce qu’il y a à voir dans les environs. A vous de chercher.

Bon, les sources d’eaux chaudes ne sont pas à 37 degrés comme indiqué partout mais plutôt à 29 degrés (ce qui est déjà sympa) et les piscines dans lesquelles l’eau s’accumule sont en béton… Néanmoins, le cadre est superbe. La descente, à pied, en vélo ou en voiture selon la formule, pour atteindre la source au fond du canyon, offre une belle vue. C’est d’ailleurs assez sportif à faire à pied. Comptez 40min à l’aller et 1h30 au retour sans traîner.

Astuce: les expéditions proposent souvent d’emmener jusqu’au fond du canyon en voiture. Alors que vous pouvez finir à pied (moins cher) et essayer de trouver une voiture pour le retour. La balade est sympa mais c’est à réserver aux sportifs !

Canyon au fond duquel sont logées les sources d'eau chaude de Recowata

Canyon au fond duquel sont logées les sources d’eau chaude de Recowata

Au final : une agréable sortie qui prend une petite demi-journée et revient quand même relativement cher. A vous de voir selon votre planning et votre budget…

Le parc éco-touristique d’Arareko

 

Le tour peut aussi bien se faire en vélo, à pied, mais c’est vraiment long, ou en camionnette, avec un guide. Cette dernière solution dénature le site à mon goût et lui enlève le charme que lui confère son aspect reculé, hors de la civilisation.

Nous on a choisi la virée en solo et en VTT dans le parc Arareko

Au total, il y a 22km si l’on fait le tour Creel – San Ignacio – Valle de los Monjes – Lago de Arareko – Creel. Rajoutez 34km AR dont 6km AR de piste pour les cascades de Cusarare. Attention, l’eau n’y coule pas toujours. Il vaut mieux se renseigner avant.

C’est sans doute l’une des plus belles balades et l’une des plus dépaysantes que j’ai fait au Mexique !

D’abord, les paysages sont de toute beauté. On pédale sur des pistes au milieu de pleines délimitées par des pins et des rochers dressés vers le ciel.  El valle de los Monjes, après 5km, est un ensemble de blocs de roche censés représenter des moines. Pas si évident mais, en tout cas, cette formation naturelle est superbe. On croise en route des chevaux en semi-liberté et des troupeaux guidés par un Indien tarahumara. On passe ensuite au milieu de forêts de pins sur l’agréable descente tout en sentiers menant au lac Arareko.

Valle de los Monjes, parc d'Arareko

Valle de los Monjes, parc d’Arareko

Indiennes tarahumaras grimpant sur les rochers, Valle de los Monjes, parc d'Arareko

Indiennes tarahumaras grimpant sur les rochers, Valle de los Monjes, parc d’Arareko

Chevaux en semi-liberté, parc d'Arareko

Chevaux en semi-liberté, parc d’Arareko

La randonnée permet également de plonger au cœur de la vie des Indiens tarahumaras d’aujourd’hui. Çà et là, sur le chemin, des baraques en bois, au toit de tôle, des enfants nous regardant passer sur nos vélos et des femmes aux tenues colorées. Dès le début du parcours, on passe par les grottes San Sebastian, encore habitées par les Indiens. C’est vraiment pittoresque.

Malheureusement, l’arrivée d’une camionnette de touristes (mexicains en cette basse saison) a rapidement donné des scènes accablantes. Un guide de la communauté (obligatoirement) raconte brièvement comment vivent les deux vieilles indiennes présentes dans la grotte, le regard dans le vide, et se donne tout juste la peine de leur parler. La grotte s’est d’ailleurs transformée en tiendita (petite boutique) rustique. C’est un triste spectacle de voir ces Indiennes, qui détournent le regard, mitraillées de photos alors qu’elles refusent systématiquement si on leur demande poliment. D’autant plus triste quand on sait que les Indiens considèrent souvent que les gens prennent leurs âmes lorsqu’ils les prennent en photo. C’est, cependant, l’exception du parcours car, partout ailleurs, on n’aperçoit aucun touriste à l’horizon.Le contact est évidemment difficile, voire impossible, avec les Tarahumaras qui ne parlent pas espagnols et vivent isolés. Le dépaysement est garanti de toute manière.

Grottes de San Sebastian, parc d'Arareko

Grottes de San Sebastian, parc d’Arareko

Dernier aspect, qui n’est pas des moins agréables, le côté sportif du parcours. 22km de VTT, pour la version courte, sur des pistes en terre, dans les bois ou au milieu des rochers. Sans compter qu’on peut explorer el valle de los Monjes (la vallée des moines) et escalader ses grandes formations rocheuses, ce que faisaient aisément deux jeunes Indiennes tarahumaras en nous épiant d’un air amusé. Il y a vraiment de quoi s’éclater en VTT. J’ai d’ailleurs eu peur de ne pas pouvoir en profiter quand ma chaîne de vélo a littéralement cassé après moins de 5km de piste. 1h30 de réparation, le temps de comprendre comment s’y prendre, avant de repartir de nouveau !

Réparation de la chaîne avec les moyens du bord

Réparation de la chaîne avec les moyens du bord

Lac d'Arareko

Lac d’Arareko

Comptez au minimum 3h de parcours pour les 22km. Mais mieux vaut prendre 5-6h pour profiter au mieux et faire des pauses. Pour info, la caseta à l’entrée du parc nous a demandé 20 pesos par personne pour le droit d’accès. Chaque lieux protégé de ce style est sensé réclamer 5 à 20 pesos à l’entrée mais cela varie au gré de l’humeur et du jour de la semaine.

Conseil pratique: l’asso The 3 Amigos loue, a priori, les meilleurs VTT pour 130 pesos la ½ journée (5h) ou 200 pesos la journée. Pour toutes les excursions aux alentours, à VTT, à pied ou en quad, cette asso fourni carte, conseil et matériel.

 

Pour la suite du voyage et filer à Batopilas, c’est par ici…

Pour plus de photos de Creel, c’est par là…

Et pour revenir au sommaire de notre voyage dans la Barranca…

 

Si vous êtes passé dans le coin, donnez vos conseils et partagez vos bonnes adresses en commentaire!

A propos de l’auteur

Je m'appelle Colin, je suis étudiant et amateur de voyage. En 2012, j'ai réalisé un échange universitaire de 5 mois à Guadalajara, la 2ème ville du Mexique. Pourquoi ce blog? Pour partager ma passion pour le Mexique, vous aider à préparer votre voyage et, si possible, vous faire rêver !